Friday, April 29, 2005

Blonde Le Carré

05



Léon Chassagnard et Nadia El Abany créent des vêtements et des accessoires (Blonde Le Carré).

Wednesday, April 20, 2005

Eric Arlix

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J’y suis. Là on ne rigole plus. Tout le monde s’est arrêté. Taipei en suspens. Je suis à l’autre bout de la ville mais on se voit. On sait tous les deux que c’est pour de vrai. Je fanfaronne un peu, quelques petits pas chassés de côté. De fausses accélérations. Le jeux de jambe. La flambe quoi. C’est sûr il trône. Ici et partout. Même pas peur. Le capitalisme ça impressionne mais ça ne devrait pas, c’est juste du commerce, un échange de symboles. La base. J’arrête les pas chassés car deux fois de suite le même gag ce n’est pas possible. J’avance tout droit en remontant Sinyi Rd en plein milieu de l’avenue je le regarde bien droit dans les étages, je ne sourcille pas je ne suis pas distrait par les scooters, voitures, passants m’interpellant, je ne roule ni des épaules ni des fesses, je marche seul, le plus droit possible, vers lui, trop c’est trop, le duel est en route. Deux policiers se dirigent vers moi menaçant ma progression et je leur lance deux feuillets de Empire en pleine poire et ils disparaissent de ma vue. Le trafic se fait plus dense augmentant les interpellations possibles et le taux d’uniformes présents. J’utilise du Nietzsche, du Foucault, du Deleuze, du Agamben, du Tiqqun sans compter pour me débarrasser d’eux. Plus quelques baffes. En moins de cinq minutes un bon nombre de nuages se déplaçant à grande vitesse modifie la configuration lumineuse du duel et lui donne un autre parfum, plus énigmatique. Je profite de ce changement lumineux pour bifurquer dans une rue adjacente et devenir de nouveau invisible. Intriguant l’adversaire, une fois de plus. Invisibles, on fanfaronne encore plus mais la pause est de courte durée puisque 30 policiers tentent de m’encercler avec leurs scooters Nissan même pas kittés. Quelques bons feuillets fictionnels (Delaume, Jallon, Massera, Quintane) les terrassent et les amoncellent ainsi que leurs scooters en une pyramide ridicule, mouvante et agitée de cris. Je me repositionne en plein centre de l’avenue Sinyi Il me voit immédiatement scannant depuis dix minutes toutes les possibilités de réapparition. Son balancier frémit. Je réajuste le col de ma chemise, côté droit, je n’époussette pas la jambe droite de mon jean recouverte d’une fine poussière argentée. La progression continue.
Je ne suis plus qu’à 550 mètres de lui c’est-à-dire que s’il venait à s’écrouler dans ma direction je ne serais même pas touché. C’est à moi qu’tu parles ? Cette fois-ci je n’hésite pas à ouvrir un bouton de plus de ma chemise laissant apparaître quelques poils pectoraliens ne laissant sûrement pas indifférentes quelques filles admirant un héros en pleine rue défiant la tour. Je tente, un peu naïvement vu la distance, un lancé de Hakim Bey sur le Mall histoire de voir le système de défense en place. Impressionnant. J’accélère le pas tout en arrosant façon Uzi le Taipei101 d’une sélection perso de feuillets historiques (Queneau, Pérec, Schmidt, Schull), le taux d’attaques-ripostes augmente. Je sors l’artillerie contemporaine avec Stiegler, Sloterdijk, Sassen mais je reçois coup pour coup et les taxis explosent en vol autour de moi. C’est à moi qu’tu parles ? À moins de deux cents mètres je tente un lancé de recueils de textes communistes (toutes époques confondues) mais l’effet est quasi nul, je réitère l’attaque avec des proses plus incisives, plus poétiques, plus inattendues et souris devant les effets constatés. Quelques perturbations en cours hélas de courte durée. C’est à moi qu’tu parles ? Mes feuillets le chatouillent à peine.
À deux pas du Mall il tente de m’anéantir en faisant exploser toutes les vitrines du rez-de-chaussée dans ma direction et je les évite grâce à La société hyperindustrielle et son avenir puis grimpe quatre à quatre les escalators du Mall pendant qu’explosent à mon passage les vitrines Gucci, Boss, Cerruti, Kenzo, Sonia Rykiel. Arrivé sur le plateau central dominant je vois les robots anti-feux s’agiter sur leurs rails et diriger vers moi leurs canons à eau haute pression. Je slalome entre les 875 chaises et malgré des ripostes à base de feuillets situationnistes je suis néanmoins atteint par un jet me propulsant violemment contre le bar d’un Sushi-bar à 100 euros le menu. Trop c’est trop.
J’entoure un des piliers du Mall des œuvres complètes de Nietzsche traduites en 48 langues soit 2092 volumes puis rassemble toutes mes forces pour traverser un champs de 1000 gardes me scrutant en direction de la tour par la passerelle. Ce n’est que du petit personnel et ma progression est rapide n’utilisant que quelques feuillets à peine ébauchés. Arrivé au milieu de la passerelle je la sens vibrer puis se détacher de la tour me propulsant au sol. Je rebondis avec aisance puis pénètre dans la tour par l’entrée principale. Je projette l’installation de Rebecca Horn (852 kg, super lourd l’art contemporain institutionnel) vers l’un des piliers centraux de l’édifice moins par souci de le détruire ou de l’endommager que poussé par l’envie de produire sur 101 étages une vibration de tout son long. C’est à moi qu’tu parles ?

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Eric Arlix vit à Paris.

Friday, April 01, 2005

MU

revuemu

Revue MU - numéro 1 - janvier 2005
Edouard Levé / Frédéric Dumond / Patrick Bouvet / Victor Okil / Jérôme Mauche / PNA Handschin /Alex Pou

Directeur de la publication Yann Poncelet
revuemu@yahoo.fr

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