Tuesday, May 24, 2005

cover.TO

Tu meurs d'envie de lire le premier numéro de la revue de poésie bilingue TO? Ne meurs pas, va plutôt sur le site de la
FNAC!

(même si ce mot te fait horreur, précieux lecteur, sache qu'à la FNAC des Halles à Paris, on en connait plus qu'un rayon en poésie).

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Friday, May 20, 2005

Gilles Toog

Où est le simple ?
Le simple est absent, tout simplement.
Il est effacé.
Oui.
C’est à la fois son caractère, c’est à la fois son sort.
C’est à la fois son art.
L’art du simple est l’effacement.
Il est effacé parce qu’il représente un danger.
Oui.
Le simple dit la vérité; voilà pourquoi on le considère comme
dangereux.
C’est dangereux de dire le vrai par le simple.
Il le dit comme cela, sans effort.
Pour aller au plus simple.
On n’aime pas le simple parce qu’il indique des raccourcis.
Il y a des check-points, des bakchichs qui se perdent à cause de lui.
On te dit: il faut que tu traverses le fleuve ici, sinon tu vas te noyer.
Il faut prendre le bac.
C’est le seul endroit possible.
Mais d’abord, il faut que tu achètes un billet.
Or le simple qui est d’une nature curieuse, va voir plus haut.
Il découvre un autre gué.
Là, il peut traverser sans danger, en se mouillant à peine les mollets.
Les gens du bac détestent le simple parce qu’il a découvert l’arnaque.
Il passe sans eux.
Sans acheter de billet.
Sans faire copain.
En plus, il annonce sa découverte aux autres simples.
Les plus trouillards prennent quand même le bac.
Ils ont pas envie d’être mal vus par les gens du bac.
C’est pas qu’ils ont peur du gué.
Ils ont peur d’être mal vus, de l’autre côté.
On leur a dit que de l’autre côté il y a que les gens du bac
qui y vivent.
Et ça c’est un gros mensonge.

Read the translation by Noura Wedell

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